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Jap’Press est une agence d’information et de veille sur les nouvelles technologies au Japon, fondée en mars 2001 par des Français et des Japonais, dont votre serviteur. Notre spécialité est la veille sur le marché des nouvelles technologies au Japon : téléphones mobiles, jeux vidéo, Internet, robotique ou bien des technologies comme ITV6. Nous menons des recherches technologiques, recherchons des informations sur le marché japonais, effectuons des prestations de consulting ou rédigeons des rapports.
Le Japon compte aujourd’hui 127 millions d’habitants. C’est un pays très peuplé, où le pouvoir d’achat est très élevé, même chez les jeunes. Les principales industries japonaises sont l’automobile, les machines outils, la chimie et l’électronique.
On dénombre au Japon 75,6 millions d’utilisateurs de téléphones portables, soit 59 % de la population. Parmi eux, 62,4 millions sont abonnés à l’un des services Internet mobile de leur opérateur.
Le premier opérateur mobile japonais est NTT-DoCoMo, avec 60 % du marché. Il est suivi par J‑Phone, filiale de Vodafone, et KDDI, deuxième opérateur par la taille, qui propose deux marques : TIKA et HEY YOU . Ils utilisent tous la norme PDC (Personal Digital Cellular), qui est l’équivalent de GSM/GPRS en Europe. Un réseau de troisième génération, déjà exploité commercialement au Japon, utilise la technologie W‑CDMA : DNOA2000 1x . NTT‑DoCoMo, qui utilise les normes PDC et W‑CDMA, propose également le service d’Internet mobile i‑mode. J‑Phone, qui utilise également la norme PDC/W‑CDMA, propose le service de connexion Internet sur mobile J‑Sky. KDDI exploite quant à lui la technologie développée par l’américain Qualcomm, S‑CDMA 1 et S‑CDMA2000 1x. Début avril 2003, le nombre d’utilisateurs de ce dernier service avait dépassé les 7 millions.
Etudions maintenant la répartition du marché des services Internet mobile au Japon. NTT‑DoCoMo, avec son i‑mode, détient 62 % du marché et dénombre 37,7 millions d’utilisateurs. Le reste du marché est partagé entre EasyWeb et J‑Sky.
Le premier service d’Internet mobile, i‑mode, a été lancé au Japon en février 1999. Les autres opérateurs lui ont rapidement emboîté le pas, également en 1999. En janvier 2001, NTT-DoCoMo innovait encore en lançant dans l’archipel le service permettant de télécharger des applications e‑Java , appelé i-Appli , bientôt suivis par les deux autres opérateurs. Quelques mois plus tard, en octobre 2001, NTT-DoCoMo lançait le premier service 3G au monde, FOMA. KDDI a lancé son réseau 3G CDMA 1x en avril dernier. C’est à la fin 2002 que le troisième opérateur a lancé son réseau 3G.
La culture japonaise est la première raison du succès de la propagation de l’Internet mobile au Japon. Les jeunes étaient en effet habitués à échanger des informations sur leurs pagers avant l’arrivée du mobile. Le Japon est en outre un pays très urbanisé, où l’on passe beaucoup de temps dans les transports en commun. En 1999, de surcroît, l’Internet fixe n’était presque pas développé. Il faut ajouter les efforts des constructeurs de téléphones portables pour attirer le plus grand nombre d’utilisateurs. Juste avant l’arrivée de l’i‑mode, il existait déjà des services qui permettaient d’envoyer des mails à partir d’un dispositif faisant fonction de PC portable.
Le premier terminal i‑mode, en 1999, était déjà très léger : 92 grammes. Ensuite, les constructeurs ont cherché à intégrer très rapidement de nouvelles technologies à leurs téléphones portables, comme les écrans couleur, les appareils photo ou la fonction GPS. Les premiers terminaux 3G ont également été fabriqués par des constructeurs japonais. Dans l’avenir, les terminaux devraient s’éloigner du modèle du téléphone portable. Certains terminaux FOMA font déjà office de caméras vidéo. En outre, le téléphone portable pourrait devenir une sorte de télécommande des autres dispositifs et pourrait intégrer des applications de plus en plus sophistiquées.
Un bon exemple est fourni par la série 505i de DoCoMo, bientôt lancée au Japon. Elle intègre la technologie Flash de Macromedia. L’appareil photo intégré possède un capteur de 1 mégapixel. Elle est équipée d’un port infrarouge. Cette série est également capable de stocker 200 kb d’applications Java, contre seulement 10 ko au départ.
Le modèle d’affaires sur lequel est bâti le succès de l’Internet mobile au Japon consiste à partager le revenu de la vente de contenus entre le fournisseur de contenus et l’opérateur. L’opérateur prélève seulement 10 % de commissions sur la vente des contenus mais gagne également sur le trafic. Il ne faut pas oublier que l’Internet mobile a été conçu pour être très facile d’accès. Il fonctionne avec une version simplifiée de HTML, qui permet de créer très simplement une page perso sur son téléphone portable : de fait, on comptait plus de 64 000 sites personnels sur le réseau i‑mode à fin mars 2003.
Le chiffre d’affaires du commerce réalisé sur l’Internet mobile atteignait 1 milliard d’euros en 2001. Il est estimé à 2,4 milliards d’euros pour 2002. La plupart des revenus sont générés par des services de divertissement : personnalisation du téléphone de l’utilisateur par des sonneries mélodiques, des jeux vidéos ou des fonds d’écran. Mais l’application qui connaît le plus grand succès est l’e-mail : 1 milliard de mails sont envoyés chaque jour sur le réseau de l’Internet mobile au Japon. Pour l’essentiel, il s’agit de spams : une personne de NTT-DoCoMo m’a confié que seulement 10 % des mails contiennent un véritable message. Les mails sont en revanche un puissant outil de marketing pour les fournisseurs de services.
Les services de mails multimedia connaissent eux aussi un franc succès. Le pionnier de ce service, Sha‑mail de J‑Phone, compte aujourd’hui 9 millions d’utilisateurs, dont 1,67 million sont équipés d’un appareil permettant de filmer et d’envoyer de courtes séquences vidéo. A la suite de ce succès, NTT‑DoCoMo a lancé son service i-shot en août 2002 et comptait au début du mois d’avril 2003 plus de 10 millions d’utilisateurs. KDDI, sur son réseau HEY YOU , a directement lancé un service d’envoi de vidéos par mail, qui comptait à fin mars 2003 plus de 1 million d’utilisateurs. Dans ce domaine, la tendance est à l’accroissement des capacités d’envoi, ce qui permet de prendre des images de meilleure qualité ou d’envoyer des séquences plus longues. Selon une étude, 70 % des utilisateurs de moins de 30 ans envoient au moins une image une fois par semaine. 33 % d’entre eux le font plus de deux fois par semaine.
Les sonneries musicales comptent parmi les principaux services de personnalisation des téléphones portables au Japon. Je vous livre un chiffre qui permet de comprendre la taille de ce marché : 34 milliards d’euros ont été perçus par l’organisme chargé de percevoir les droits d’auteurs musicaux au Japon. Grâce à ce service, ce chiffre a été multiplié par quatre par rapport à l’an passé. Les contenus sont de plus en plus riches et variés. La plupart des fournisseurs offrent des sonneries à 16 et 40 tons. On estime à plus de 20 000 le nombre de morceaux disponibles sur les différents sites.
L’orateur procède à une démonstration, en faisant écouter à la salle des sonneries musicales reproduisant de grands succès de la variété internationale.
Ces services permettent de télécharger des morceaux de musique de qualité CD, au format mp3. On peut donc fort bien télécharger des morceaux de musique classique et en faire la sonnerie de son téléphone portable.
Les fonds d’écran sont un autre service de personnalisation à grand succès. Les applications Java permettent de décorer son téléphone portable avec un personnage issu de l’univers des jeux vidéo, qui va se mettre à chanter ou changer de vêtements lorsque le téléphone va sonner. C’est là encore un marché très important au Japon. On peut aussi faire un fond d’écran d’une image prise avec l’appareil photo intégré. Avec l’arrivée sur le marché de la série 505i, il va devenir possible d’utiliser comme fonds d’écran des applications Flash.
Les principaux fournisseurs de contenus sont des éditeurs de jeux vidéo, des sites artistiques ou bien des sites multicontenus. Par exemple, un supporteur de football pourra aller sur le site de son équipe télécharger la mascotte du club en guise de fond d’écran. Grâce à Java, les contenus de jeux vidéo ont rencontré un large succès : il est facile de décliner les personnages des jeux vidéos pour les adapter aux téléphones portables. Certains éditeurs proposent même de télécharger gratuitement des versions Java de leurs jeux vidéo. Quant aux services d’information, ils concernent surtout les utilisateurs âgés de plus de 40 ans, davantage prêts à payer pour ce type de contenus que les jeunes, qui préfèreront les services de personnalisation. Pour 38 euros par mois, vous pouvez recevoir chaque jour des news, voire un flash d’actualité en vidéo si vous disposez d’un terminal 3G.
La tendance des services de l’Internet mobile au Japon est désormais à l’extension des usages professionnels, avec les applications Java ou JPS, par exemple pour contrôler les employés. L’une des grandes ambitions des opérateurs de téléphones mobiles au Japon est de remplacer tous les objets qui encombrent aujourd’hui les poches des utilisateurs : clés, monnaie, cartes de crédit pourraient être intégrés au téléphone portable. Ils cherchent également à « réveiller » leurs abonnés qui ne sont pas des utilisateurs actifs des services d’Internet mobile, en leur proposant des contenus toujours plus riches.
Un téléphone portable peut se transformer en télécommande de machine à karaoké, grâce au port infrarouge intégré. De la même manière, on peut retirer de l’argent aux distributeurs automatiques. Un téléphone portable peut également tenir lieu de titre de transport, dans la mesure où il permet l’identification de l’utilisateur. Une application déjà mise en place depuis plus d’un an, développée par Coca Cola et NTT-DoCoMo, permet d’acheter des boissons dans des distributeurs automatiques, sans aucune pièce de monnaie : l’utilisateur recharge son crédit, que la machine connaît en lisant une sorte de code-barres affiché sur l’écran du téléphone. KDDI a déjà testé l’utilisation du port infrarouge intégré comme carte de paiement : c’est une utilisation très attendue par les Japonais. Les contenus contextuels sont également en plein développement : une application développée par Bandaï Networks permet à l’utilisateur d’obtenir sur son écran un plan de ville personnalisé, ou bien créer le plan de ses endroits préférés. Le contenu contextuel offre également la possibilité de rechercher des contenus non plus par catégorie ou par rubrique, comme l’Internet mobile classique, mais en fonction de son emplacement, détecté par satellite. Si je souhaite par exemple acheter des fleurs dans une ville inconnue, je peux par exemple visualiser l’emplacement du fleuriste le plus proche et l’itinéraire à suivre. C’est là encore une application très attendue par les Japonais. La reconnaissance vocale offre également des perspectives intéressantes : il est plus simple d’entrer des critères de recherche oralement que de les taper sur un clavier. KDDI a déjà lancé un service de moteur de recherche utilisant cette technologie, sur le site Lycos Vocal for EasyWeb.
L’Internet mobile japonais a deux ans d’avance sur le marché européen. Pourtant, on peut s’interroger : tous ses succès sont-ils reproductibles en Europe ? On sait que le développement de l’Internet mobile est étroitement lié à la culture locale. Par exemple, le succès de Sha‑mail, le service qui permet d’envoyer des photos par mail, est très apprécié des Japonais, qui adorent fixer des images où qu’ils se trouvent. Il ne connaîtra sans doute pas le même succès ailleurs dans le monde. Les constructeurs japonais consentent beaucoup d’efforts de marketing pour répondre le plus rapidement possible à la demande du marché. Il est évident qu’il faut trouver des services ayant un lien avec la mobilité. Les opérateurs et les fournisseurs de contenus ne sont pas en reste et innovent sans cesse. C’est un constructeur de téléphones mobiles, Sharp, qui a le premier eu l’idée d’intégrer un appareil photo dans ses terminaux, et qui a rencontré le succès malgré le scepticisme des opérateurs.
Nous avons publié, en février 2003, un rapport sur l’Internet mobile au Japon. Vous y trouverez des interviews de fournisseurs de contenus à grand succès, comme Yamaha pour les sonneries musicales, Bandaï Networks pour l’exploitation de licences de personnages de jeux vidéo ou des quotidiens sportifs, comme Sport Nippon.
From the floor
You quoted 64 million users…
Riyako SUKETOMO
L’Europe possède recèle également un fort potentiel de développement pour l’Internet mobile, mais pas dans la même tranche d’âge qu’au Japon, où ce sont surtout les jeunes qui soutiennent le développement. En Europe, les jeunes n’ont pas le même pouvoir d’achat, mais beaucoup d’hommes de 30 à 40 ans aiment les outils technologiques. Si on sait leur proposer des contenus adaptés, la pénétration de l’Internet mobile pourrait également fortement progresser en Europe. Si les utilisateurs pouvaient également prendre conscience des avantages qu’il y a à recevoir des mails sur son téléphone, ils pourraient faire montre de plus de curiosité pour l’Internet mobile.
From
the floor
I was interested to know what…
Riyako SUKETOMO
Les garçons et les filles se comportent différemment. Les femmes font des portraits d’elles-mêmes, qu’elles envoient à leurs amies. Les garçons, eux, envoient plutôt des paysages ou des objets. Viennent ensuite les photos des proches, des membres de la famille ou des animaux domestiques, qui connaissent une grande vogue au Japon.
From
the floor
I would like to know if you have Yellow Pages on i‑mode…
Riyako SUKETOMO
Il existe de nombreux moteurs de recherche par catégorie. Il existe par exemple un annuaire pour les gourmets, où de très nombreux restaurants s’inscrivent. Il ne s’agit pas seulement de donner une adresse, mais d’offrir des services comme des bons de réduction ou d’autres outils marketing.